Articles

Les dates incontournables

Image
  Les dates incontournables Toute l'année, les dates incontournables ravivent des souvenirs impérissables. Tu avais 7 ans. C'était quelques jours avant la rentrée des classes. Tu n'as jamais aimé l'école. Tandis que je préparais fébrilement tes affaires scolaires (cartable, trousse, crayons et cahiers neufs) pour ton entrée au CE1, tu tournais autour de moi, pas très rassuré sur la formidable année que je te souhaitais de passer. L'odeur de la craie, les belles couleurs des crayons, la gomme en forme de  mini bolide... tout te laissait indifférent.  La veille du jour J, n'y tenant plus, tu t'es planté devant moi et tu as plongé tes yeux dans les miens :      - Maman, tu m'as bien dit que je devais aller à l'école pour apprendre à lire et écrire ?   - Oui, c'est bien ce que j'ai dit le jour de ton entrée à l'école maternelle puis en primaire.      - Bon, et bien pendant mon année de CP, j'ai bien appris. Je sais lire et écrire....

Mensonges !

Image
Mensonges ! On me disait… Tu iras mieux après Les blessures vont se cicatriser, La douleur va peu à peu s’estomper. Mensonges ! Je vais mal tout le temps, Mon cœur saigne constamment, La souffrance est présente à chaque instant. On me disait… Tu oublieras les moments malheureux Pour ne te souvenir que des jours heureux. Devant, il y a encore du merveilleux. Mensonges ! Je revis sans cesse son dernier jour. Ma mémoire fonctionne à rebours Et l’atrocité de sa mort me hante toujours. On me disait… Dans les yeux d’autres enfants, Tu puiseras l’apaisement qui te manque tant Et tu iras de l’avant, doucement mais sûrement. Mensonges ! Dans les regards qui croisent le mien, Je ne fais que chercher le sien, Mais ma quête ne trouve pas de fin. On me disait… Tu finiras par accepter ton destin Lorsque tu croiseras sur ton chemin Des mains tendues vers d’autres demain. Mensonges ! De toute mon âme, je ne cesse d’appeler au secours, Qu’on me rende mon enfant, mon amour, Celui qu’on ...

La rose

Image
                      La rose Elle est triste la rose, depuis cette nuit Où en silence, tu es parti vers une autre vie. Elle laisse glisser les gouttes de rosée Venues la caresser sans essayer de se redresser. Elle se fane la rose, dans ce jardin Où tu ne passes plus le matin respirer son parfum. Elle se languit de ton regard émerveillé, Qui chaque jour, admirait sa couleur inégalée. Sans toi, elle fait fi la rose, de son élégance, De sa grande prestance. Peu lui importe aujourd’hui d’être la reine. Elle a bien trop de peine. Elle se meurt la rose, sans bruit, doucement, Laissant aller aux vents ses pétales de sang, Avec le secret espoir que de là-bas tu les verras Et qu’ainsi tu ne l’oublieras pas. Elle se meurt la rose, sans bruit, doucement, Laissant aller aux vents ses pétales de sang, Marie Morel

J'ai effleuré ton âme

Image
          J'ai effleuré ton âme Ce n'était pas un rêve ou autre songe, Ni le manque de toi qui souvent me ronge. Non. C'était réel et beau, c'était fort et vivant ! J'ai senti ta présence, ton parfum. J'ai reconnu ton souffle léger et enfantin. De tout mon être, j'ai effleuré ton âme. Puis tu es venu, tout en douceur, Poser ta tête sur mon cœur Et glisser ta main sous la mienne. Instant pur où les mots n'ont plus de sens, Où seules les vibrations régissent la conscience. Doux... Ô doux moment d'un bonheur inexprimable ! Quelques minutes ? Une poignée de secondes ? Nous étions dans un autre monde, Là où la mort et la vie peuvent se donner rendez-vous. Personne n'avait précisé le jour. C'est arrivé, imprévu, par la force d'amour Entre une mère et son enfant. Sans doute qu'une poignée de secondes écoulées, Mais tant de joies éprouvées Que des années de vide en ont été comblées. Et alo...

Qui sommes-nous ?

Image
       Qui sommes-nous ? Qui sommes-nous pour toi aujourd’hui ? Après toutes ces années dans la nuit, Courbés sous le poids d’une souffrance Nourrie sans cesse du vide de ton absence. Serions-nous désormais les fantômes de ton passé ? Celui que tu as sans doute presqu'oublié, Ébloui par la lumière éternelle, Enivré par les joies de ton vaste ciel. Avons-nous perdu notre rôle de parents Pour l’enfant tout à coup devenu grand, Par les rites de la mort, accomplis, Par son passage dans l’autre vie ! Quelles valeurs ont pour toi nos rires ou nos pleurs ? Est-ce possible qu’une place nous reste dans ton cœur ? Dans le nôtre, tu brilles du même amour Que celui de ton premier jour et c’est pour toujours !               ...

C’est ton dernier jour

Image
C’est ton dernier jour Ton regard est intense,                                                     Tes gestes sont tendres,                                                      Ta voix est douce,                                                                 Tu es un amour ce matin. C’est ton dernier jour mai...

L’onde d'éternité

Image
     L’onde d'éternité   Tu es là couché, tel un pantin désarticulé, Dans sa grande boite capitonnée Qu’on va bientôt refermer De son couvercle doré. La mort abominable t’a fauché Et ainsi transformé, En ce corps étranger Aux traits complètement figés. Je te regarde pourtant, Avec les yeux d'une maman Qui ne voit là que son enfant Qu’elle aime tendrement. Je ne vois pas la mort Mais un garçon aux cheveux d’or Qui, les poings serrés, dort En attendant qu’on l’emmène vers le port. C’est le cœur déchiré Que je vais t’accompagner, Car je compte bien, du quai, te regarder voguer Sur l’onde d’éternité. Marie Morel